| A notre demande, Michel Jaboulay apporte les précisions suivantes :
Pauline de Tourzel. Au reçu de la lettre que lui avait envoyé Naundorf, elle a dit à l'abbé Jouy, curé de Rambouillet, qui était son directeur de conscience : C'est bien le fils de Louis XVI, mais ma position ne me permet pas de lui rendre aujourd'hui ce témoignage écrit. Après la mort de la princesse de Béarn, née Pauline de Tourzel, l'abbé Jouy put en rendre témoignage. Ce fait fut aussi corroboré par son petit-fils, le prince de Béarn, quelques jours avant sa mort, par une déclaration à son confesseur.
S'agissant d'ecclésiastiques, je considère pour ma part exclu de mettre en doute leur témoignage. L'identification de "Naundorf" par Pauline de Tourzel qui connaissait Louis Charles comme un frère, bien que non publique, n'en est pas moins irréfutable.
Excroissance au sein droit : Par précaution, j'ai revu le texte original de l'examen post-mortem à Delft. Il est exact que les médecins ne notent pas le troisième têton à la poitrine. Mais il faut tenir compte du fait qu'ils déclarent le corps gonflé par les gaz au point qu'ils n'ont pas pu compter les côtes. Il est possible que dans ces conditions, ce caractère soit devenu peu visible. Il n'en demeure pas moins qu'il existe chez son arrière-petit-fils Charles-Edmond. De plus, les médecins néerlandais ne se sont pas attardés sur la conformation anatomique : les deux seuls points signalés concernent l'implantation des incisives et le naevus maternus mais ils ne parlent ni des oreilles, ni du cou, ni donc du troisième têton. On ne peut donc pas tirer de conclusion définitive de cette absence de mention.
Bibliographie. J'ai inclus dans mon livre sur Louis XVII une bibliographie exhaustive des ouvrages que j'ai consultés. Je crains que cette liste ne soit fastidieuse pour le visiteur Internet. Vous n'ignorez pas non plus que peu d'auteurs ont vraiment écrit sur la vie de Naundorf. La principale référence consiste dans les deux livres de Xavier de Roche (Louis XVII - Le livre du bicentenaire) : je sais qu'il n'est pas à l'abri de la critique , mais sur le point en question, il a publié une étude complète. Quant à Louis Charles lui-même, son Récit de Crossen s'arrête à son arrivée en Prusse ; on peut néanmoins consulter Le Récit des Infortunes du Dauphin, trop influencé à mon avis par son entourage et les poncifs à la mode, mais qui reprend quand même certains faits (avec un enrobage verbeux). Petrie aussi a parlé de cette période, pour tirer dessus à boulets rouges : il n'est pas fiable, mais certains faits sont néanmoins cités. La difficulté est que son livre est en langue néerlandaise. Les autres auteurs naundorfistes (Maître Escaich, Jules Favre) s'intéressent principalement à la conduite des procès et ne fournissent guère de détails sur la vie même de Naundorf.
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