Avant-propos
Laure de La Chapelle proteste contre l'amalgame entre le Cercle d'Etudes Historiques sur la Question Louis XVII, qu'elle préside, et les divers organismes de promotion dynastique présentés dans l'émission. Cette regrettable confusion étant dénoncée, malgré plusieurs lacunes et absurdités manifestement dictées par la mauvaise foi, elle reconnaît le caractère globalement positif de cette enquête. En premier lieu :
L'existence de deux cœurs enfin reconnue !
* Les révélations du baron X. Extraits :
J'ai bien connu la comtesse Wurmbrand (née princesse Massimo, décédée à Frohsdorf en 1999, et soeur de la princesse Nieves qui donna un cœur à St Denis en 1975). Je la voyais chez des amis très fréquemment. La comtesse Wurmbrand disait...qu'il y avait eu deux cœurs à Frohsdorf (Autriche).
Elle a vu le réceptacle où était le premier cœur ; et le deuxième, qu'elle avait si je puis dire, touché de ses mains, se trouvait chez ses parents Massimo.
Question de Georges Albert Salvan (ancien journaliste au Vatican) : Ces deux cœurs, où étaient-t-ils l'un et l'autre ?
Réponse : Le cœur de l'aîné (le premier Dauphin Louis Joseph) dans la chapelle.
Q : Et le cœur du cadet qui était Louis XVII ?
R : Il était également à Frohsdorf, je crois (En fait, le baron pense que le duc de Madrid l'a récupéré)
G-A S : Mais alors, qu'est-ce qu'il y a actuellement à Saint Denis ?
C'est bien là toute la question, en effet !
* L'urne fabriquée à Vienne
Interrogée par les journalistes dans sa propriété de Frohsdorf (près de l'ancien château), la comtesse Wurmbrand actuelle (belle-fille de la princesse Wurmbrand précédente) fit de la meilleure grâce du monde des révélations sur l'arrivée d'un premier coeur en Autriche.
Elle tenait de la princesse Béatrice Massimo, mère des quatre soeurs Massimo, que des royalistes français avaient apporté secrètement un cœur enveloppé dans un mouchoir à la duchesse d'Angoulême, qui tenait sa cour à Frohsdorf.
Ce cœur était passé ensuite au comte de Chambord par héritage. Et une urne avait été faite à Vienne. Tout près d'ici, note-t-elle.
Laure de La Chapelle rectifie : On sait, par la lettre du père Bole - montrée dans l'émission - que le cœur avait été reçu par le comte de Chambord lui-même, et non à l'époque de la duchesse d'Angoulême. Toutefois, il n'est pas impossible qu'avant sa mort à Bruxelles en 1845, Pierre Pelletan ait pris contact avec la famille royale réfugiée en Autriche, et qu'il ait réussi à intéresser la Duchesse au sort du cœur qu'il détenait.
Encore faut-il rappeler qu'il avait trouvé ce cœur dans le bureau de Mgr de Quelen en 1830, mais dans une boîte en plomb, dépourvue de son reliquaire en vermeil et de son étiquette en cuivre.
A l'arrivée du second cœur (celui de Gabriel Pelletan) à Frohsdorf en 1895, cœur reçu par don Carlos, duc de Madrid , et qui, lui, était contenu dans une urne de cristal, on décida de faire une seconde urne, réplique de celle de Gabriel. Et la comtesse Wurmbrand nous apprend que cette urne fut fabriquée à Vienne.
* Le cimetière Sainte Marguerite
M. Alexandre Gady nous a donné l'opportunité de nous interroger sur la pertinence des "spécialistes du vieux Paris" ;
Il prétend en effet que le cimetière Ste Marguerite contenait surtout des déchets d'hôpitaux et des quantités de crânes sciés (comme celui autopsié par le docteur Philippe Jean Pelletan et enterré dans la tombe officielle).
Retour à la Commission du Vieux Paris, où Madame Françoise Lagarde, archéologue de la Commission, révèle n'avoir pas trouvé un seul crâne scié ! Elle précise qu'il y avait peu de jeunes et surtout beaucoup de bébés arrivés par sacs entiers des hôpitaux ...
M. François Loyer, lui, conservateur du Patrimoine, sort un petit papier de sa poche, sur lequel il a noté des chiffres macabres à souhait : 140.000 morts enterrés dans ce malheureux cimetière, répartis dans 34 fosses communes de 8 mètres de côté, renouvelées sur cinq générations.
Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin, s'il avait élargi son calcul à toute la région parisienne depuis le début du peuplement, il aurait obtenu des chiffres encore plus apocalyptiques... Il omet évidemment un fait qu'il connaît sans doute aussi bien que le reste : c'est que la fosse en service le 23 prairial de l'an III est parfaitement définie, fosse qui fut refermée par le fossoyeur Bertrancourt peu de jours après l'inhumation de l'enfant du Temple.
Laure de La Chapelle observe avec une charité méritoire : Je peux même en indiquer l'emplacement exact à M. Loyer si, par un triste hasard, il était victime de pertes de mémoire.
* Les recettes de cuisine de Philippe Delorme
Nous avons eu quelques occasions supplémentaires de nous réjouir en entendant l'exposé de M. Delorme. Lequel, à son habitude, entend démontrer que le cœur du premier Dauphin - dont il ne nie plus l'existence - a été traité selon la méthode suivante :
Vous prenez un coeur, vous le lavez, vous l'ouvrez (vous le coupez en deux si vous préférez) et vous le bourrez de benjoin, de cannelle, et autre plantes odoriférantes : comme un rôti farci, déclare-t-il sans sourciller.
Outre que le coeur est un muscle qu'on ne peut vider à la petite cuillère, et que ce n'est ni un rôti, ni un sandwich, cette curieuse recette n'a pas réussi à ébranler un médecin légiste qui précise : - qu'embaumement signifie conservation - que les plantes n'ont qu'un pouvoir antiseptique (et ne peuvent donc servir à la conservation)
Et elle affirme : Il est excessivement difficile de conclure à une différence entre les deux coeurs.
Le dernier argument de M. Delorme s'effondre donc devant les objections d'une spécialiste, expert auprès des tribunaux.
Mais qu'importe, ce gastronome inventif continuera encore longtemps à nous resservir son plat préféré comme il le fait déjà depuis plusieurs années !
Retour à la page d'accueil